Le Pakistan sollicite un assouplissement des régulations commerciales européennes.
Dans le cadre du prochain sommet UE-Pakistan prévu le 21 avril 2010 à Bruxelles, les officiels pakistanais réitérerons leur demande d’accès privilégié au marché européen, plus utile à leurs yeux que toute aide financière directe. La perspective d’un Free Trade Agreement n’étant pas adaptée aux besoins à court terme du Pakistan, les revendications porteraient sur la suppression des droits de douane prévue par le système préférentiel GSP+, ou par une clause dérogatoire auprès de l’OMC. L’UE est actuellement le premier client du Pakistan avec 30% de ses exportations au 1er semestre 2009/10, soit 2,8 Mds USD, composées à 54% de produits textiles.
La Banque Centrale du Pakistan (SBP) injecte 96 Mds PKR dans le circuit bancaire.
Suite à un niveau record d’emprunts contractés par le gouvernement (187 Mds PKR sur les 8 premiers mois de l’année fiscale 2009/10), créant un manque de liquidités alarmant dans le système bancaire, la banque centrale y a injecté 96 Mds PKR sous forme de bons du trésor. En revanche, les emprunts auprès de la SBP n’ont atteint que 76 Mds PKR sur la même période, contre 318 Mds PKR l’année précédente. Une inflation atteignant 13,7% en janvier 2010 aura poussé la banque d’Etat à resserrer le système monétaire en maintenant un taux directeur élevé (12,5%), augmentant l’attrait des banques commerciales pour des bons du trésor plus rentables. Celles-ci ont investi 298 Mds PKR en bons du trésor depuis juillet 2009.
Nos échanges commerciaux avec le Pakistan reculent de 10% en 2009.
Les échanges bilatéraux atteignent 797 M EUR en 2009, soit une baisse de 10% par rapport à l’année précédente (880 M EUR). Les exportations françaises passent de 400 M EUR à 349 M EUR en 2009, soit une baisse de 13%, tandis que les importations se contractent de 7% à 448 M EUR. La diminution de 23% de nos exportations en biens d’équipement s’explique par une baisse à 46 M EUR pour les produits informatiques (contre 127 M EUR en 2008), et une baisse de 33% pour les équipements électriques. Néanmoins, on enregistre une augmentation de 25% pour les machines industrielles et agricoles, ainsi que pour les produits pharmaceutiques. L’industrie pakistanaise, principale cliente de nos biens d’équipement, reste fréquemment handicapée par le manque d’approvisionnement ainsi que par la hausse du prix de l’énergie.
Le blocage du remboursement des dépenses de sécurité pénalise l’économie du Pakistan.
Les Etats-Unis ont déboursé 349 M USD fin février 2010 au titre du fonds de support pour la coalition (CSF), soldant ainsi les dépenses faîtes par le gouvernement pakistanais dans le cadre de la lutte contre le terrorisme en 2008. Les prétentions pakistanaises de remboursement des dépenses de 2008, soit 1,4 Mds USD, ont été rabaissées à environ 1 Mds USD par les analystes américains, pour causes de non-conformités comptables et de soupçons de surfacturation. Les décaissements de 2 Mds USD supplémentaires au titre des dépenses de 2009 sont actuellement en cours d’examen, mais les autorités pakistanaises redoutent des délais similaires qui pénaliseraient fortement l’économie, notamment le budget d’intervention, déjà tronqué de 44% pour 2009/10.
Le gouvernement annonce un déficit budgétaire de 2,7% du PIB au 1er semestre 2009/10.
Le déficit budgétaire atteint 403 Mds PKR pour la période juillet-décembre 2009. Selon le ministère des finances, les dépenses courantes au 1er semestre atteignent 1 059 Mds PKR, dont 166 Mds PKR affectés au budget de la défense, 239 Mds PKR au titre du développement notamment sous forme de prêts, et 294 dédiés à des paiements d’intérêts. Le revenu total aura été de 910 Mds PKR (correspondant à seulement 60% de l’estimation budgétaire initiale), réparti en 250 Mds PKR de revenus non fiscaux et 660 Mds PKR de revenus fiscaux.
Pour tout complément d’informations, contactez le service économique d’Islamabad: quentin.derozieres@dgtpe.fr