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Le Pakistan en bref : actualité économique et financière du 28 janvier au 4 février 2010

Le taux d’intérêt directeur de la Banque Centrale reste inchangé à 12,5%

 

 

A l’occasion de la dernière revue de sa politique monétaire, le gouverneur de la Banque Centrale a annoncé qu’une baisse du taux directeur n’était pas envisageable à court terme. Les analystes de la Banque Centrale ont mis en exergue le risque inflationniste qui pèse actuellement sur l’économie ainsi qu’un manque de liquidité notoire résultant du ralentissement des déboursements des bailleurs sur la période juillet-décembre 2009. Par ailleurs, le FMI qui avait fortement contesté la baisse de 50 points de base au mois de novembre 2009, aurait fortement sanctionné toute politique monétaire inflationniste de la Banque Centrale. Le taux directeur reste toutefois très élevé pour l’industrie qui peine à investir dans un climat politique et économique dégradé.

 

 

Le « spread » bancaire atteint son plus haut niveau depuis 2003

 

 

La Banque Centrale a signalé dans son dernier rapport le niveau élevé du « spread »  bancaire, qui a atteint 7,48% en décembre 2009 contre 7,29% il y a un an. En 2009, le taux d’emprunt des banques a augmenté de 148 points de base à 13,98% alors que le taux de rémunération des dépôts a seulement progressé de 131 points de base à 6,51%. En comparaison à l’inflation ayant atteint 10,5% en glissement annuel au mois de décembre 2009, le taux de rémunération reste trop bas, rendant l’épargne peu attractive. Une situation dangereuse pour la Banque Centrale qui reconnait que le secteur bancaire traverse une période difficile depuis 2 ans en raison du niveau élevé du taux d’intérêt directeur ainsi que de la croissance des prêts non performants.

 

 

Le ministère des finances prévoit une augmentation importante du revenu fiscal pour le budget 2010-11

 

 

En pleine préparation du futur budget 2010-11, le ministère des finances s’est donné pour principal objectif d’augmenter les revenus fiscaux. L’augmentation des taxes sur les importations, le tabac ainsi que sur le marché immobilier devrait déjà permettre une progression du revenu de 0,2% du PIB en 2010-11. De plus, l’introduction d’une TVA à 15% en remplacement de la GST actuelle devrait générer 0,8% du PIB de revenus supplémentaires. Alors que le ratio de collecte fiscale rapporté au PIB ne dépassera pas 9,3% en 2009-10, le gouvernement mise sur une progression à 10,3% en 2010-11.

 

 

Augmentation de 8% en moyenne du prix des produits pétroliers

 

 

L’organisme de régulation des prix de l’énergie (Oil and Gas Regulatory Authority) a pris, en accord avec le gouvernement, la décision d’augmenter le prix des produits pétroliers de 5% à 9% au 1er février 2010. Cette décision résulte plus de la volonté de l’Etat d’augmenter artificiellement la collecte fiscale que de la hausse mondiale des prix du cours du brut. Une politique qui aura des conséquences à la fois sur l’inflation mais aussi sur le secteur productif déjà fortement touché par la hausse des prix de l’électricité et du gaz. Depuis juillet 2009, le prix des produits pétroliers enregistre une forte volatilité qui ne contribue pas à la stabilité économique du pays.

 

 

Le programme de privatisations du gouvernement devrait s’accélérer

 

 

Le gouvernement a annoncé la privatisation de 23 entreprises publiques entre 2010 et 2012. Ces privatisations interviendront principalement dans le secteur de l’énergie ou la mauvaise gestion conduit actuellement à une crise d’approvisionnement en pétrole raffiné. Néanmoins l’objectif de 19 Mds PKR de revenus ne sera pas réalisé en raison du retard pris par le programme. Selon le ministre de l’économie, M. Shaukat Tarin, ce programme est essentiel pour l’économie pakistanaise, les sociétés étatiques ayant généré un déficit record de 250 Mds PKR sur l’année fiscale 2008-09. Il appartient maintenant au gouvernement de trouver les investisseurs qui pourront non seulement apporter un capital mais également une expertise indispensable à la bonne gestion de ces entreprises.

 

 

Pour tout complément d’informations, contactez le service économique d’Islamabad: quentin.derozieres@dgtpe.fr