Karachi fête la musique

La Fête de la Musique fournit à l’Alliance française de Karachi l’une des grandes occasions annuelles de rassembler ses partenaires et un public élargi.

Pour cette édition 2012, la participation traditionnelle de différents artistes locaux a été élargie à l’invitation de musiciens français dans le cadre d’une tournée régionale incluant également les Alliances de Dubai, Islamabad et Lahore, avec le soutien de la Fondation Alliance française. Le partenariat de la ‘Tehzeeb Foundation’, structure locale très en vue dédiée au soutien des musiques classique et traditionnelle pakistanaises, avait également été recherché.

Deux scènes avaient été mises en place : la première dans l’une des galeries intérieures de l’Alliance où se sont produits successivement le pianiste Ali Raza Jaffrey (interprétation de différentes pièce classiques, notamment d’Eric Satie), et les choristes du Karachi Vocal Ensemble pour un programme très diversifié incluant chansons françaises, standards de Broadway...

D’emblée, la soirée a connu avec ces deux concerts d’ouverture une affluence inacoutumée, de près de 300 personnes. La suite de la soirée était prévue devant la scène établie dans les jardins, où un buffet avait également été dressé.

Les quatre musiciens de la ‘Tehzeeb Foundation’ ont ouvert cette seconde partie avec un programme de musique traditionnelle de la province du Sindh, évidemment très apprécié, avant l’entrée en scène des artistes invités de France.

Abaji, poly-instrumentiste d’origine franco-libanaise, propose un répertoire de type oriental dans lequel se croisent, sur un mode très expressif, diverses influences du pourtour méditerranéen ; technicien et improvisateur de grand talent, il a également su séduire le public par sa présence sur scène, très chaleureuse, et ses qualités de communication ; de nature très ouverte, il a souhaité conclure sa prestation par une rencontre avec deux musiciens de Tehzeeb pour une improvisation modale – et dansée - très réussie, fortement goûtée par un auditoire conquis.

L’approche de Mohammed Abozekry est très différente : jeune virtuose de l’oud (luth arabe), ce musicien d’origine égyptienne a choisi de s’accompagner du trio HeeJaz composé d’un guitariste, Guillaume Hogan, d’une remarquable percussionniste, Anne-Laure Bourget, et, de manière plus surprenante, de la contrebasse de Hugo Reydet. Cette instrumentation singulière ne confère pas seulement au quartet une sonorité originale, mais permet également, dans un environnement rythmique très intense, à l’oud d’échapper aux clichés souvent attachés à la tradition de l’instrument.

Les deux prestations avaient en partage leurs références à l’Orient, dans des formes diverses mais avec aussi ses constantes : les gammes modales, le cheminement d’improvisations circulaires évoluant progressivement en intensité, les sonorités très typées des instruments traditionnels.

L’événement a soulevé localement un vif intérêt, tant auprès du public qui est resté nombreux jusque tard dans la nuit, qu’auprès des médias avec une belle couverture dans la presse écrite (« Dawn », « The News »), ainsi que sur plusieurs chaînes de télévision.








Dernière modification : 02/07/2012

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